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Gorsad, « Sour Patch Kids »
Exposition du 2 novembre au 9 décembre 2017
Vernissage jeudi 2 novembre, 18h30-21h
Commissariat : Adèle Jancovici 
 

 Gorsad

 

Gorsad est un trio de photographes formé de Masha, Ulik, et Vitja. Nés en Ukraine à la fin des années 1980, ils se rencontrent à une soirée d’Halloween organisée par l’Académie ukrainienne des arts où ils poursuivent leurs études. C’est après une nuit passée à faire la fête qu’ils décident de travailler ensemble – pour continuer à s’amuser, avouent-ils.

Les mêmes expériences de jeunesse façonnent l’identité du trio, celles d’une génération qui grandit dans un pays de l’ex-URSS dans les années 1990 où sexe, Coca-Cola et jeux d’enfants entrent en collision. Ils naviguent dans les milieux des contre-cultures au sein desquelles ils se confrontent à l’illusion de la « liberté du choix » et découvrent que chacun y joue un rôle. Cet univers qui semble stéréotypé enchante Gorsad : « c’est tout ce que nous avons, ces stéréotypes, et on les adore ! C’est pour ça que nous sommes à la recherche des personnes les plus originales, étranges, authentiques et indépendantes qui existent. » Ils inventent, avec leur travail de photographes et de vidéastes, un monde d’adultes dont le rêve le plus fou est Never grow up !
A.J.


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Dove Allouche, « Fungi »
Exposition du 7 juillet au 23 septembre 2017
Vernissage jeudi 7 juillet, 18h30-21h

 

Dove Allouche


Photographe, graveur et dessinateur, Dove Allouche élabore une œuvre fortement marquée par le passage du temps et la traversée des espaces, mais aussi par la littérature (Jean Genet), le cinéma (Andréï Tarkovski) ou la politique (Pier Paolo Pasolini). Il cherche ainsi à rendre perceptible le côté insaisissable des lieux naturels, la force spirituelle des territoires ou l’évocation symbolique qui habite certains sites. 

Avec la série « Fungi », l’artiste centre son travail sur le vivant et utilise des espèces de spores dangereuses pour l’homme. Il recueille des échantillons auprès de différents musées et les met en culture a n d’observer leur croissance, en cercles qui s’élargissent. À un moment donné de leur développement, il les photographie, puis les reproduit selon différents procédés d’impression. Pour cette exposition, il présente une série de quarante-cinq de ces cultures, sous coffret.


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« MELANCHOLIA »
Exposition du 4 mai au 17 juin 2017
Vernissage jeudi 4 mai, 18h30-21h
Commissariat : Adèle Jancovici

Gabriel's wing 

 

Avec des œuvres de John Baldessari, Michaël Borremans, Léonard Bourgois-Beaulieu, Abel Llavall-Ubach, Robert Longo, Sarah Moon, Max Passadore, Yan Pei-Ming, Rasmus Rosengaard, Julian Schnabel, Virginie Trastour, Luc Tuymans, et Jeff Wall.

Le fantôme d’une autre vie surgit et nous attrape par le poignet. Loin de la lumière crue de la réalité, il dit nous emmener là où le présent n’a pas glissé dans le passé. On pense : voir nos souvenirs décolorés. On traverse un nuage de fumée. On se sent peut-être plus léger, alors on croit être arrivé, quand on réalise que le fantôme nous a lâchés. Pas besoin de carte pour s’y retrouver : ce sont des lieux qui ont disparu, des paysages qu’on n’a jamais vus. Ici, l’ennui fracassant n’a pas remplacé le désir enragé, les êtres aimés ne se sont pas encore déchirés. Les morts sont en suspens - la gueule en vie et les pieds du mauvais côté. Dans ce sanctuaire, l’histoire peut être réinventée. Alors on reste ici, avec les vestiges de ce qui nous faisait rêver. On s’accroche au regard de ceux qui nous avaient échappé, tous ces corps qu’on n’avait pas possédés. On plonge, et à chaque fois, frissonnant, on se remet à jouir du trouble de ce qui n’a pas encore existé.

A.J. 


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Raffaella della Olga, « Stoffe »

Exposition du 3 février au 25 février 2017 et du 16 mars au 1er avril 2017

Vernissage vendredi 3 février, 18h30-21h

Commissariat : Caroline Hancock


 

« Stoffe », l’exposition personnelle de Raffaella della Olga chez Dilecta – maison et galerie d’éditions à Paris, est l’occasion de réunir un ensemble d’œuvres récentes de l’artiste qui poursuit ses recherches conceptuelles sur le texte, la graphie, la trame et les textures dans la lignée de la poésie concrète. L’application systématique de divers protocoles codifiés, les potentiels de ses collectes de matériaux simples et de machines désuètes sont déclinés dans une série de tapuscrits, de diapositives et de tissus revisités.

En 2015, Un Coup De Dés Jamais N’abolira Le Hasard – Constellation (2009), sa retranscription à la poudre phosphorescente du poème de Stéphane Mallarmé, était une œuvre phare de l’exposition « Pliure [Prologue – La part du feu] », à la Fondation Gulbenkian à Paris. Son travail a également été présenté au Nouveau Festival / Air de jeu au Centre Pompidou (Paris) et à Baxter St (New York) en 2015, au Jeu de Paume (Paris), au MoMA (New York), au Quartier (Quimper) et à la galerie Karima Célestin (Marseille) en 2013, au Treignac Projet (Treignac) en 2011. Ses performances ont aussi eu lieu au Pavillon Vendôme, Clichy (2014), dans le cadre des événements de l’OuUnPo en Sicile, au Japon, au Liban, au Portugal (2012-2014), et dans les jardins de Lodhi à New Delhi (2010).

En 2017, son travail de photogramme, dans le cadre du projet de Thomas Fougeirol et de l’artiste / curator Jo-ey Tang, figure dans l’exposition collective « The Plates of the Present, So Far », à la galerie Praz-Delavallade (Paris, 28 janvier-4 février), et apparaît dans l’ouvrage Dust: The Plates of the Present, February 2013-July 2015, publié par Sonel Breslav, Blonde Art Books and Secretary Press.

Elle est également invitée à contribuer à la revue Initiales, publiée par l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon, dédiée à Pierre Klossowski (présentation de la revue : 10 avril 2017, 19 h, Fondation d’entreprise Ricard, Paris).

Née à Bergame (1967) en Italie, Raffaella della Olga vit et travaille à Paris.

http://raffaelladellaolga.com/

Consulter le texte de Caroline Hancock>

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Morgane Tschiember, « Exoteric »

Exposition du 9 décembre au 14 janvier 2017

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Julien Nédélec« Ether »

Exposition du 13 octobre au 19 novembre 2016 

Vernissage le 13 octobre 2016, de 18h à 21h


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Jérémie Bennequin« Au pays parfumé »

Exposition du 8 septembre au 29 octobre 2016 

Vernissage le 8 septembre 2016, de 18h à 21h



À cette occasion est présenté Les Lesbiennesun livre d’artiste en édition limitée, d’après Charles Baudelaire

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Éric Pougeau, une présentation d'oeuvres nouvelles 

Présentation du 7 au 21 avril 2016


 

 

 

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Emmanuel Lagarrigue, « Quelque chose d'invisible n'en peut plus »

commissariat Mara Hoberman  

1er volet de l'exposition du 17 mars au 14 mai 


À l’occasion d’une double exposition chez Dilecta – maison et galerie d’éditions, Emmanuel Lagarrigue, en dialogue avec Mara Hoberman, présentera le lien qui l’unit depuis plusieurs années au travail de l’écrivain Hélène Bessette (1918-2000), à travers un ensemble de sculptures et d’installations, ainsi que de nouveaux multiples. La première exposition sera l’occasion d’une mise en résonnance d’oeuvres réalisées jusque-là indépendamment les unes des autres, quand la seconde exposition proposera plus particulièrement une recherche sur les échos, traces et fantômes suscités par cette parole si particulière.

 

   


Mara Hoberman : Emmanuel, you’ve made several works at this point based on texts by Hélène Bessette, who is she, I’ve never heard of her?

Emmanuel Lagarrigue : Il est normal que tu ne la connaisses pas Mara ! C’est un peu la figure de l’écrivain maudit ou oublié. Elle a publié treize livres chez Gallimard dans les années 1950 et 1960 avant de totalement disparaître de la scène littéraire française – alors que Raymond Queneau ou Marguerite Duras soutenaient son travail. Son écriture était très avant-gardiste et elle a développé une pensée féministe très forte pour l’époque. Sa vie a été rocambolesque : elle a beaucoup voyagé, divorcé, été aussi bien institutrice que femme de ménage… Elle est morte en 2000, dans l’indifférence presque générale, en laissant de nombreux inédits.


    

    


MH : What is it about her writing that interests you?

EL : J’ai tout de suite été accroché par ces deux aspects, sa puissance littéraire et l’importance de son positionnement moral et politique, qui sont inextricablement liés dans son écriture. Elle écrit du point de vue des « faibles », des dominés, mais avec une langue simple, dépouillée, qui justement donne corps à l’urgence qu’il y a à donner une voix à ces personnes.

MH : How did you first encounter her?

EL : C’était en 2011, pendant un travail qu’Yves- Noël Genod faisait autour de certains de ses textes, au théâtre du Rond-Point, avec Valérie Dréville entre autres.

MH : How have you visually tranlated Bessette (either her writing or her aura)?

EL : J’aimerais bien que ce soit les deux en effet ! La première fois que j’ai travaillé sur un de ses textes, je l’ai fait en traduisant de courts extraits en morse et en entaillant de lourdes poutres en chêne sur toutes leurs faces avec le motif que cela produisait. Après, j’ai développé d’autres techniques, à chaque fois spécialement pour chaque texte…

MH : What is important to know about Bessette with relationship to your work?

EL : Tout et rien à la fois ! Les pièces que je réalise sont des prolongements de fragments de son travail, mais j’espère qu’elles acquièrent aussi une existence propre ! Je cherche à emmener un travail dans un champ qui lui est totalement étranger, pour voir ce qu’il peut devenir d’autre que ce qu’il est, comment il peut muter et s’enrichir. Tout ce que le spectateur sait de Bessette avant de rencontrer mes pièces nourrira son expérience, mais je veux qu’un spectateur qui n’aurait jamais entendu parler d’elle puisse aussi bien apprécier les œuvres.

MH : As an ensemble, do your Bessette-inspired works, which are aesthetically quite diverse, suggest a coherent portrait or a more fragmented description?

EL : C’est la première fois que je vais les envisager comme un ensemble. Après plusieurs années à travailler « avec elle », à chaque fois sur des textes spécifiques, j’ai envie de mettre en perspective tout ce que cette relation a produit, et chercher à mieux comprendre moi-même mon intérêt pour elle. Et puis me poser d’autres questions, sur elle en tant que personne, apprendre à la connaître un peu plus d’une certaine manière, et chercher à faire d’elle un portrait, très subjectif bien sûr, et sans doute une forme d’autoportrait aussi, en creux, à travers mon intérêt pour elle… Mais dis-moi Mara, tu serais d’accord pour qu’on poursuive cet échange ? Jusque dans l’exposition ?


    

 

Emmanuel Lagarrigue développe depuis une dizaine d’années un travail sur les thèmes du langage, de la mémoire, de l’expérience et de la perception. Longtemps articulé autour de l’utilisation du son, celui-ci s’épanouit dans de nombreux autres domaines : sculpture, vidéo, danse, performance… Son travail interroge particulièrement les processus de construction individuelle, tant dans les relations qu’ils entretiennent aux éléments extérieurs (la figure de l’autre, l’histoire, les constructions culturelles) que dans les limites de leur transmission et de leur partage. L’exploration du langage est le marqueur principal de son travail. À travers son utilisation écrite, parlée, comme par l’impact physique que l’artiste lui confère dans ses sculptures, il développe un univers hypertextuel dans lequel les processus de transformation, de traduction et de transcodage renvoient à la construction diffractée de l’identité telle qu’elle est vécue à l’époque contemporaine. Son travail est exposé à l’international et présent dans de nombreuses collections (musée national d’Art moderne – Centre Georges Pompidou, Fonds national d’art contemporain, Les Abattoirs, FRAC).

 

   

 

Mara Hoberman est une curatrice, historienne de l’art et critique basée à Paris. Contributrice régulière d’Artforum et ArtAgenda, ses essais et interviews ont aussi été publiés par White Cube (Londres), Deitch Projects (New York), le Swiss Institute (New York), l’Indianapolis Museum of Art, le Essl Museum (Vienne) le Middleheim Museum (Anvers), les Éditions Dilecta (Paris) ou le Palais de Tokyo (Paris). Ancienne chef de projet du catalogue raisonné des dessins de Jasper Johns à New York jusqu’en 2012, elle conduit désormais les recherches à Paris pour le catalogue raisonné de Joan Mitchell.

 

   

 

Hélène Bessette est une romancière française, née en 1918 et morte en 2000. Entre 1953 et 1973, elle publie treize romans et une pièce de théâtre chez Gallimard. Défendue par de nombreux auteurs (Raymond Queneau, Marguerite Duras, Nathalie Sarraute, etc.), elle obtient le prix Cazes de la brasserie Lipp pour son premier roman, Lili pleure, en 1954, et d’autres de ses romans seront retenus sur les listes de prix littéraires, notamment celle du Goncourt. Son écriture relève de la notion de « roman poétique » telle qu’elle a tâché de la définir dans son manifeste Le Résumé, paru à compte d’auteur en 1969. De 1973 à sa mort en 2000, elle ne publie plus aucun texte. Son travail a été partiellement réédité par Laure Limongi aux éditions Léo Scheer entre 2006 et 2010. 

 

   

   

Emmanuel Lagarrigue
« Quelque chose d’invisible n’en peut plus »
Dilecta – maison et galerie d’éditions
Photos © Emmanuel Lagarrigue
Courtesy galerie Sultana

 

Valery Koshlyakov, « Collages »

15 janvier au 25 février 2016

Dilecta présente une sélection inédite d’œuvres originales de Valery Koshlyakov. Au couvent des Cordeliers, l’artiste avait présenté des sculptures et des peintures monumentales, conçues spécialement pour l’exposition. Élaborés dans le temps même de la conception des œuvres présentées aux Cordeliers, ces collages témoignent de la réflexion de l’artiste sur la tradition picturale et l’héritage de l’histoire de l’art européen.


              

 

L’exposition de la galerie Dilecta présente seize collages inédits, de formats variés, mais pas seulement : deux sculptures et un tableau monumental viennent enrichir le propos, accompagnés de la présentation de plusieurs carnets personnels de l’artiste. À l’occasion du vernissage, jeudi 14 janvier, Valery Koshlyakov signera son livre Offrande. L’ouvrage, trilingue, réunit reproductions d’œuvres, esquisses et photographies de l’exposition. Il est enrichi d’un entretien entre l’artiste et Jean-Hubert Martin, commissaire de l’exposition « Magiciens de la Terre » en 1989 et directeur honoraire du musée national d’Art moderne. 

Né en 1962 à Salsk (Russie), Valery Koshlyakov vit et travaille entre Paris et Moscou. Diplômé du Gregov Art College de Rostov-sur-le-Don, il est un des membres fondateurs du groupe « Art or Death » qui, dans les années 1980, rassemble artistes, musiciens et poètes russes. Dès les années 1990, plusieurs expositions collectives et personnelles lui sont consacrées en Russie et à travers le monde. En France, la chapelle de l’hôpital Saint-Louis de la Salpêtrière lui consacre une exposition personnelle en 2004, « Empire de la Culture ». En 2007, Valery Koshlyakov participe à « Sots Art » à la Maison rouge, puis à « Contrepoint, l’art contemporain russe » au musée du Louvre en 2010. Il a représenté la Russie lors de la 50e Biennale de Venise de 2003.

 

 

Les œuvres proposées se caractérisent par une superposition d’images, que l’on trouvait déjà dans les sculptures présentées en 2014. De la même manière, les effets de matière, propres à la peinture de Valery Koshlyakov, sont ici retranscrits dans l’épaisseur du collage. Chez Valery Koshlyakov, le collage semble intervenir comme un lieu intermédiaire entre peinture et sculpture. Les images ainsi obtenues mettent en scène une multitude de sources – du portrait dynastique issu de la peinture européenne classique aux photographies publicitaires, en passant par les reproductions d’œuvres modernes. Ces échantillonnages interviennent pour l’artiste comme autant de citations, qui lui permettent de montrer son intérêt tant pour l’histoire de l’art européen que pour la remise en question des avant-gardes. La technique de l’assemblage amène Valery Koshlyakov à « créer des images hors du temps », qui « tentent d’atteindre un absolu, celui de l’éternel problème de la condition humaine. [Son œuvre] nous convie à un voyage dans le temps qui tente d’embrasser une totalité échappant à la contingence temporelle ». (Jean- Hubert Martin, 2014)


    



Jean-Michel Othoniel, « Locus Solus» 

16 octobre au 19 décembre 2015 

Les Éditions Dilecta présentent leur nouvelle exposition « Locus Solus » conçue par l’artiste Jean-Michel Othoniel autour de son livre d’artiste en édition limitée, réédition du texte original de Raymond Roussel. 


 

    

 

 



Le Locus Solus de Raymond Roussel

Publié en 1914, alors que le monde ancien s’apprête à sombrer dans une guerre sanglante, Locus Solus est le chef-d’œuvre énigmatique de Raymond Roussel (Paris 1877, Palerme 1933). Visite guidée dans la propriété du chercheur Martial Canterel, le récit donne à voir ses inventions fantastiques installées dans le parc, automates ou « machines célibataires » à la poésie étincelante, au gré d’histoires gigognes parcourues de symboles, de jeux lexicaux et d’images récurrentes. 

 

Le Locus Solus d’Othoniel 

Cousus dans l’ouvrage, sept rubans aux couleurs de l’arc-en-ciel scandent les sept chapitres du livre, écho aux sept inventions créées par Canterel. C’est l’un des grands mérites de Jean-Michel Othoniel que de révéler, par des interventions graphiques et l’insertion de nouvelles images empruntées à des artistes dont il perçoit la proximité avec Roussel – de James Lee Byars à Gabriel Orozco ou Martial Raysse – l’imaginaire secret du roman qu’il découvre comme un diamant enfoui sous du sable. Canterel, Othoniel. Comme Canterel accueillant ses invités à la grille de sa propriété pour leur présenter les sept merveilles qu’elle renferme, Othoniel se fait notre guide et nous conduit d’une main sûre à travers les arcanes du monde roussellien. Outre ce délicat travail de dévoilement, Othoniel a également réalisé un livre-objet à surprises, où l’on trouve une carte de tarot, des photographies collées ou de précieux pendentifs. 

 

Othoniel et Roussel

Roussel occupe une place centrale dans l’imaginaire de Jean-Michel Othoniel, dont l’un des premiers gestes d’artiste a consisté à rechercher la villa « Locus Solus » il y a près de vingt-cinq ans. Ses livres, Locus Solus notamment, ont profondément marqué la pratique artistique d’Othoniel et libéré en lui le désir d’explorer le merveilleux, l’étrange, l’énigmatique. « Il en retient le mystère, le jeu des mots, le sens du grotesque, la constitution d’un univers poétique. Une communication lue par hasard dans le journal de la Bibliothèque nationale l’amène sur les traces de Locus Solus, cette villa mythique décrite par Roussel [...], dont il imagine retrouver la localisation. Il lèvera l’énigme [...] au terme d’une enquête qui l’entraîne, sur la foi d’une photographie conservée par Roussel, jusqu’à la demeure d’un ami de l’écrivain, baptisée Locus Solus en hommage au fameux ouvrage. De cette aventure, il restera une série de photographies, prises dans le jardin, et un texte, très "oulipien", de François Caradec. » (Catherine  Grenier)

 

Jean-Michel Othoniel

Né en 1964 à Saint-Étienne, Jean-Michel Othoniel est l’un des artistes français les plus importants aujourd’hui. Travaillant d’abord des matières comme le soufre ou la cire (œuvres qu’il expose à la Documenta IX de Cassel, en 1992), Jean-Michel Othoniel est avant tout connu pour ses sculptures en verre de Murano qui jouent avec la lumière et l’espace, comme Le Kiosque des Noctambules installé à Paris à l’entrée du métro Palais-Royal. 

Dès 1996, il intègre ses œuvres dans le paysage, dans les jardins de la Villa Médicis, le jardin vénitien de la collection Peggy Guggenheim ou encore à l’Alhambra de Grenade. « My Way » au Centre Pompidou en 2011, grande rétrospective de son œuvre, a ensuite été présentée à Séoul, Tokyo, Macao et New York. 

Au mois de mai dernier, Jean-Michel Othoniel a inauguré dans le parc du château de Versailles les fontaines Les Belles Danses, première création pérenne à y être installée depuis Louis XIV. Et après Boston en mars, son exposition « Secret Flower Sculptures » ouvre à San Francisco cet automne.

 

Raymond Roussel

« Richissime bourgeois aux habitudes d’esthète décadent », « excentrique timide » qui «investit toute sa fortune dans la diffusion d’une œuvre qui ne rencontre pratiquement aucun succès de son vivant sinon sur le mode du malentendu au moins partiel : ainsi du soutien des surréalistes lors des représentations de ses pièces» (Andrée Chauvin), Raymond Roussel est parfois mieux connu pour la luxueuse roulotte-appartement dans laquelle il traversait l’Europe que par ses œuvres souvent déroutantes. Mais depuis un siècle, à commencer par les surréalistes et Marcel Duchamp, son œuvre et sa personnalité exercent une influence majeure sur nombre d’artistes, fascinés par sa radicalité et sa capacité à faire d’un imaginaire foisonnant un « monde complet » (André Breton). Les créateurs s’en revendiquant se signalent aussi bien parmi les artistes (Salvador Dalí, Francis Picabia, Allen Ruppersberg, Rodney Graham, Man Ray, Raymond Hains, Pierre Huygue…) que dans la littérature ou la philosophie (John Ashbery, Michel Butor, Julio Cortázar, Michel Foucault...). Signe de la vitalité de l’héritage roussellien dans l’univers de l’art contemporain, après l’exposition « Locus Solus » à la galerie Yvon Lambert en 2009, le musée Reina Sofia de Madrid lui a en 2012 consacré l’exposition « Nouvelles impressions de Raymond Roussel », dirigée par François Piron et présentée par la suite au Palais de Tokyo.


Expo

Locus SolusLocus Solus

 

« Éditions multiples » par Bertrand Lavier 

 12 juin au 30 juillet 2015 

Du 12 juin au 30 juillet, Dilecta invite Bertrand Lavier à exposer une sélection d’œuvres constituée d’éditions limitées et de multiples, de 1982 à aujourd’hui : sérigraphies, cibachromes, lithographies, aquatintes, sculptures… Parmi une vingtaine d’œuvres choisies par l’artiste, le multiple inédit Walt Disney Productions n° 1, dernier né de la série emblématique du même nom, sera présenté.

 

      


« Quand Bertrand Lavier inaugure sa série “Walt Disney Productions” en 1984, il s’appuie littéralement sur une bande dessinée de Walt Disney publiée dans Le Journal de Mickey sous le titre français de Traits très abstraits, qui raconte les aventures de Minnie et de Mickey au musée d’Art moderne. Bertrand Lavier isole les peintures et les sculptures qui constituent le décor de la narration et les agrandit ensuite au format présumé. En procédant de la sorte, il opère un court circuit dans le circuit de la représentation, puisqu’il rend tangible (il fait accéder au statut d’œuvre) ce qui n’était jusqu’alors que décor et fiction. Les peintures photographiques et les sculptures réalisées à partir de cette bande dessinée sont désormais vouées à errer dans un espace indécidable, car elles conservent la forme de leur territoire d’origine tout en l’ayant quitté. Nous ne nous trouvons pas en effet devant des agrandissements emblématiques d’une certaine doxa concernant la modernité. La translation opérée par Bertrand Lavier met ainsi au jour une dimension refoulée de la reproduction, qui au-delà du stéréotype accède à une forme d’universalité. En ce sens, “Walt Disney Productions” ne constitue pas le commentaire ironique de l’Art moderne raconté aux enfants, mais nous rappelle, comme le remarque l’artiste, que “c’est le monde virtuel qui nous permet d’approcher plus profondément la réalité”. » Bernard Marcadé, Walt Disney Productions, 2012


Considéré comme l’une des figures majeures de la scène contemporaine, Bertrand Lavier travaille par « chantier » – des séries d’œuvres fondées sur des règles à la fois simples et ouvertes –, et invite ainsi les visiteurs à mettre en doute leurs certitudes. En jouant avec les catégories, les codes, les genres et les matériaux, son œuvre souligne l’attrait de l’artiste pour les effets d’addition, de détournement, d’hybridation et de transposition. Né en 1949 en Bourgogne, influencé par l’art conceptuel et en particulier le land art, Bertrand Lavier produit ses premières œuvres dès 1969. Ses objets-installations, objets peints ou superposés sont exposés à travers le monde (Kunsthalle Bern, Suisse ; ARC/musée d’Art moderne de la ville de Paris ; Palais des Beaux-Arts, Bruxelles, Centre Pompidou, Paris ; Museum Moderner Kunst Stiftung Ludwig, Vienne ; Museum of Contemporary Art, San Diego…).