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550,00 €

Jean-Michel Othoniel

Locus Solus

L’édition principale est constituée de quatre-vingt-dix exemplaires signés et numérotés de 1 à 90 et de dix épreuves d’artiste.

Le bandeau qui entoure le coffret de l’ouvrage a été réalisé à l’atelier du Livre d’art et de l’estampe de l’Imprimerie nationale, avec estampage à chaud du titre et impression typographique de la photo.


Le livre

320 pages
19 x 27 cm
langue : français
papier Munken Lynx 150g 
Couverture cartonnée et toilée orange
Reliure : relié cousu, dos rond
parution : 2015
7 signets de 7 couleurs différentes auxquels sont suspendus 7 médaillons en bronze conçus par Jean-Michel Othoniel

 

Le Locus Solus de Raymond Roussel

Publié en 1914, alors que le monde ancien s’apprête à sombrer dans une guerre sanglante, Locus Solus est le chef-d’œuvre énigmatique de Raymond Roussel (Paris 1877, Palerme 1933). Visite guidée dans la propriété du chercheur Martial Canterel, le récit donne à voir ses inventions fantastiques installées dans le parc, automates ou « machines célibataires » à la poésie étincelante, au gré d’histoires gigognes parcourues de symboles, de jeux lexicaux et d’images récurrentes. 

 

Le Locus Solus d’Othoniel 

Cousus dans l’ouvrage, sept rubans aux couleurs de l’arc-en-ciel scandent les sept chapitres du livre, écho aux sept inventions créées par Canterel. C’est l’un des grands mérites de Jean-Michel Othoniel que de révéler, par des interventions graphiques et l’insertion de nouvelles images empruntées à des artistes dont il perçoit la proximité avec Roussel – de James Lee Byars à Gabriel Orozco ou Martial Raysse – l’imaginaire secret du roman qu’il découvre comme un diamant enfoui sous du sable. Canterel, Othoniel. Comme Canterel accueillant ses invités à la grille de sa propriété pour leur présenter les sept merveilles qu’elle renferme, Othoniel se fait notre guide et nous conduit d’une main sûre à travers les arcanes du monde roussellien. Outre ce délicat travail de dévoilement, Othoniel a également réalisé un livre-objet à surprises, où l’on trouve une carte de tarot, des photographies collées ou de précieux pendentifs. 

 

Othoniel et Roussel

Roussel occupe une place centrale dans l’imaginaire de Jean-Michel Othoniel, dont l’un des premiers gestes d’artiste a consisté à rechercher la villa « Locus Solus » il y a près de vingt-cinq ans. Ses livres, Locus Solus notamment, ont profondément marqué la pratique artistique d’Othoniel et libéré en lui le désir d’explorer le merveilleux, l’étrange, l’énigmatique. « Il en retient le mystère, le jeu des mots, le sens du grotesque, la constitution d’un univers poétique. Une communication lue par hasard dans le journal de la Bibliothèque nationale l’amène sur les traces de Locus Solus, cette villa mythique décrite par Roussel [...], dont il imagine retrouver la localisation. Il lèvera l’énigme [...] au terme d’une enquête qui l’entraîne, sur la foi d’une photographie conservée par Roussel, jusqu’à la demeure d’un ami de l’écrivain, baptisée Locus Solus en hommage au fameux ouvrage. De cette aventure, il restera une série de photographies, prises dans le jardin, et un texte, très "oulipien", de François Caradec. » (Catherine  Grenier)

 

Jean-Michel Othoniel

Né en 1964 à Saint-Étienne, Jean-Michel Othoniel est l’un des artistes français les plus importants aujourd’hui. Travaillant d’abord des matières comme le soufre ou la cire (œuvres qu’il expose à la Documenta IX de Cassel, en 1992), Jean-Michel Othoniel est avant tout connu pour ses sculptures en verre de Murano qui jouent avec la lumière et l’espace, comme Le Kiosque des Noctambules installé à Paris à l’entrée du métro Palais-Royal. 

Dès 1996, il intègre ses œuvres dans le paysage, dans les jardins de la Villa Médicis, le jardin vénitien de la collection Peggy Guggenheim ou encore à l’Alhambra de Grenade. « My Way » au Centre Pompidou en 2011, grande rétrospective de son œuvre, a ensuite été présentée à Séoul, Tokyo, Macao et New York. 

Au mois de mai dernier, Jean-Michel Othoniel a inauguré dans le parc du château de Versailles les fontaines Les Belles Danses, première création pérenne à y être installée depuis Louis XIV. Et après Boston en mars, son exposition « Secret Flower Sculptures » ouvre à San Francisco cet automne.

 

Raymond Roussel

« Richissime bourgeois aux habitudes d’esthète décadent », « excentrique timide » qui «investit toute sa fortune dans la diffusion d’une œuvre qui ne rencontre pratiquement aucun succès de son vivant sinon sur le mode du malentendu au moins partiel : ainsi du soutien des surréalistes lors des représentations de ses pièces» (Andrée Chauvin), Raymond Roussel est parfois mieux connu pour la luxueuse roulotte-appartement dans laquelle il traversait l’Europe que par ses œuvres souvent déroutantes. Mais depuis un siècle, à commencer par les surréalistes et Marcel Duchamp, son œuvre et sa personnalité exercent une influence majeure sur nombre d’artistes, fascinés par sa radicalité et sa capacité à faire d’un imaginaire foisonnant un « monde complet » (André Breton). Les créateurs s’en revendiquant se signalent aussi bien parmi les artistes (Salvador Dalí, Francis Picabia, Allen Ruppersberg, Rodney Graham, Man Ray, Raymond Hains, Pierre Huygue…) que dans la littérature ou la philosophie (John Ashbery, Michel Butor, Julio Cortázar, Michel Foucault...). Signe de la vitalité de l’héritage roussellien dans l’univers de l’art contemporain, après l’exposition « Locus Solus » à la galerie Yvon Lambert en 2009, le musée Reina Sofia de Madrid lui a en 2012 consacré l’exposition « Nouvelles impressions de Raymond Roussel », dirigée par François Piron et présentée par la suite au Palais de Tokyo.