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35,00 €

Morgane Tschiember

Taboo

208 pages
21,8 x 32,5 cm
Livre relié pleine toile, cousu
Textes : Quentin Bajac, Marjolaine Levy, Barry Schwabsky, Amélie Lavin, Mara Hoberman, Île / Mer / Froid (Antony Lille, Hugo Lemaire, Boris Geoffroy), Jean-Charles Agboton-Jumeau
Langues : français / anglais
Parution : septembre 2015
ISBN : 979-10-90490-64-2

 

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Née en 1976, Morgane Tschiember vit et travaille à Paris. Elle a remporté le prix Paul Ricard en 2001. L’artiste travaille tous les matériaux, tous les supports, du livre à l’installation monumentale en passant par la photographie et l’objet en métal, en céramique, en verre, en bois ou dans d’autres matériaux synthétiques. Elle procède par bifurcations simultanées et par aller-retour successifs, créant ainsi son propre système de navigation.

 

« Pour autant, ce qui déconcerte sans doute dans le travail de Morgane Tschiember n’est pas cette multiplicité des moyens et des médiums, […] c’est l’hétérogénéité formelle des œuvres elles-mêmes. Des peintures cuites lisses et acidulées des Pop Up des années 2006-2008 aux Shibari aux teintes plus sourdes et aux formes torturées apparus en 2013, des Rolls métalliques et suintants de couleur à ces nouveaux bétons mous, effondrés que produit en ce moment l’artiste, comment articuler une œuvre qui semble s’étendre en tous sens et prendre toutes les directions possibles – et s’énonce comme pragmatique, poussée par une sorte de hasard, qu’il faudrait peut-être nommer destin ; le destin de la matière ?

[…]

Il y a pourtant des marqueurs Tschiember : ces murs par exemple, parpaings, bois, bitume crunchy, briques, que l’artiste n’a de cesse de dresser ici et là pour faire signe, plus que signature. Un mur, qui bloque, qui cache, qui se dresse, à la fois dur et malicieux pour nous faire signe justement. Pour dire quelque chose de ce qui fonde le travail de Morgane Tschiember : à la fois verticaliser, construire, enfermer et protéger, fermer un espace pour mieux en ouvrir d’autres, derrière, visibles et invisibles ; un mur qui est à la fois un « vrai » mur, c’est-à-dire une architecture, mais aussi un volume, c’est-à-dire une sculpture, qu’on peut contourner ; un dessin dans l’espace, et une peinture puisque le plus souvent l’artiste joue des effets d’images que produisent ces murs. […] Ce que nous disent ces murs, c’est que s’il échappe à toute circonscription, le travail de Morgane Tschiember fonctionne néanmoins selon un principe essentiel, qui serait celui de la tension ou du déplacement. […]

 Quelque chose d’essentiel chez Morgane Tschiember : son appétit pour des rapprochements a priori impossibles, en même temps que son goût pour les gouffres phénoménologiques. Et un indéniable sens de l’humour. […] Aller partout, plus loin, au-delà du possible. »

Amélie Lavin, « Ruins in progress », p. 152

 

Morgane Tschiember est notamment représentée par les galeries Loevenbruck (Paris), Tracy Williams (New York) et Rolando Anselmi (Berlin). Ses œuvres sont exposées dans le monde entier (France, Autriche, Belgique, Royaume-Uni, Lituanie, République tchèque, Allemagne, Italie, Serbie, Japon, Suisse, États-Unis…). Son travail n’a fait jusqu’ici l’objet d’aucune publication globale. Au-delà de la dimension rétrospective d’un catalogue classique, Morgane Tschiember a conçu cet ouvrage comme une œuvre collective. Non seulement parce que la plupart de ses œuvres nécessitent l’aide de professionnels, de techniciens ou d’assistants aux compétences aussi hétérogènes que les médiums qu’elle utilise, mais aussi parce que ses expositions en Europe, aux États-Unis, en Chine et au Japon ont donné lieu à des rencontres avec des critiques et autres conservateurs qui ont souhaité mettre en perspective des aspects de son travail, selon un point de vue historique, critique, théorique ou coopératif. Ce catalogue retrace la genèse des œuvres, de leur conception (notebooks) à leur exposition in situ, en passant par leur réalisation technique et plastique finale. Le catalogue est augmenté d’une œuvre qui n’existe que dans cette monographie, faisant du livre un lieu d’exposition en lui-même, en référence à la publication January 5-31. 1969 de Seth Siegelaub.

 

Quentin Bajac, historien de l’art et conservateur de la photographie au MoMA, consacre un texte au journal de travail photographique que tient régulièrement l’artiste. Ces journaux, que l’artiste fabrique, sont disponibles à l’entrée de ses différentes expositions.

Amélie Lavin, conservateur du Patrimoine et directrice du musée des Beaux-Arts de Dole, spécialiste de la sculpture moderne, écrit sur la physicalité de l’œuvre de Morgane Tschiember.

Mara Hoberman, critique d’art à ArtForum et au New York Times, retranscrit son exploration de l’exposition « Taboo » au musée des Beaux-Arts de Dole (2015) au sein d’une conversation avec Barry Schwabsky, critique d’art, historien de l’art et rédacteur en chef d’ArtForum.

Marjolaine Lévy, commissaire d’exposition, curator et critique d’art, étudie les influences pop et modernistes de Morgane Tschiember.

Île / Mer / Froid (Antony Lille, Hugo Lemaire – assistant de Morgane Tschiember –, Boris Geoffroy), jeunes artistes et musiciens, jouent avec les mots et leurs pratiques et proposent une sorte de poésie, une poésie action, une poésie qui traite de l’action de fabrication de pièces de l’artiste.

Critique d’art, Jean-Charles Agboton-Jumeau rédige les notices se rapportant à chacune des œuvres de l’artiste.