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39,00 €

Benjamin Loyauté

le bruit des bonbons - The Astounding Eyes of Syria

400 pages
17 x 24 cm
livre relié toilé 

Textes de  Barbara Casavecchia, Clarisse Gorokhoff, Véronique Grandpierre, France Desmarais, Sophie Cluzan et Florence Ostende 

langue : français / anglais / arabe
parution : 2016
ISBN : 978-2-37372-015-0

Graphisme : Sébastien Sans


le bruit des bonbons – The Astounding Eyes of Syria aborde la force de langage de la confiserie et des objets quotidiens. L’œuvre explore les condensations de l’histoire, la résistance de nos héritages passés. Si le bonbon est un transmetteur universel qui humanise les relations entre les individus, il est ici l’objet moteur qui a le pouvoir de rassembler, de transmettre comme de se souvenir. C’est à travers la confiserie syrienne, que l’installation évoque et partage des souvenirs qui survivent au temps et à l’horreur de la guerre. Elle tisse des temporalités à la fois vraisemblantes et réelles sur fond de traditions partagées.

 

Beaucoup de Syriens se retrouvent aujourd’hui autour de leur héritage vivant dont les souvenirs collectifs et individuels engagent la survie d’un immatériel qu’on ne saurait faire plier, réduire et oublier. Le Louloupti est un véritable petit bonbon qui nous rappelle les Abaib Ghouwar, petits sabots syriens en sucre, le souk d’Al-Hamidiyah et la Booza qui sont aujourd’hui plus que jamais dans la mémoire des Syriens en Jordanie, en France, au Canada, en Italie... Ces confiseries, objets-images et de liens, réparent notre regard et réveillent notre capacité à voir et à mobiliser. Imaginées par Benjamin Loyauté, ces sucreries narratives sont des agents transmetteurs, des actants. Durant plusieurs siècles, les peuples arabes introduisent le sucre dans la pharmacopée. Au XVIe siècle, le sucre était vendu par les apothicaires. Le bonbon avait ses vertus que l’histoire ne lui a pas depuis, reprises.

 

Découverte en Syrie par Max Mallowan en 1937, l’idole aux yeux est une sculpture qui intrigue toujours et dont la fonction n’a jamais été véritablement tranchée. Le Louloupti dessiné à partir de cette archéologie est aussi spéculatif que tangible. En meringue et à la rose de Damas, il aurait aussi la fonction de prolonger le temps et les souvenirs comme de préserver l’avenir...

 

En collectant les mots, les histoires et les « mémoires sucrées » de ses amis syriens sur des cartes postales, l’artiste et designer participe à la protection d’une culture dont la trace forme une armure. L’installation est une expérience « fictio-fonctionnelle », où les objets-mots ont une force perlocutoire. Benjamin Loyauté utilise pour la première fois le terme design sémantique en 2014. Il définit alors le design comme un langage et développe ses premières installations autour des actes de langage. Il engage depuis une réflexion sur la géopolitique du design, nos sociétés contemporaines et l’ensemble de ses actes conditionnés par la langue, la culture, le temps et l’espace. « Les objets sont comme des mots et mes installations comme des histoires, aussi factuelles que spéculatives elles révèlent nos comportements, affectent nos certitudes et notre perception des choses ». B.L.

 

À propos de Benjamin Loyauté

Designer et commissaire d’exposition français, Benjamin Loyauté vit aujourd’hui entre Bruxelles et les pays qu’il explore. Sa recherche et son travail évoluent à la frontière entre l’art et le design. Nourrie par l’histoire et l’anthropologie culturelle, son œuvre lie sémantique, objets et contextes, sous la forme d’installations. Loyauté a étudié l’histoire de l’art, les apports et les influences d’Afrique dans la création du design en France au début du XXe siècle au sein de l’université Paris-Sorbonne. En 2013, il est nommé commissaire de la première biennale du design de Shanghai au Power Station of Art. Son approche curatoriale sur le design est ouverte et engagée. Il publie plusieurs essais et ouvrages à partir de 2006, participe à des conférences internationales. Il est commissaire général de la biennale internationale du Design de Saint-Étienne en 2015 ; son exposition « HYPERVITAL » est perçue comme décisive dans son travail. Il enchaîne sur la mise en valeur d’une pratique qu’il qualifie de « design sémantique » à travers un nouveau format d’interventions. The Astounding Candy Power, sa première installation, présentée au Palazzo delle Stelline lors de la Design Week de Milan en 2015, apparaît alors comme un ovni. Loyauté y explore les capacités réparatrices du sucre et comment la confiserie, dans le contexte déchirant de la Syrie actuelle, représente un lien entre l’ensemble des Syriens. Il met ainsi en valeur, au milieu de la destruction sociale et culturelle de ce pays, l’importance des objets qui lient une société entière. Benjamin Loyauté n’est pas dupe, il explore les situations réelles, les expose, les met en avant, et les confronte au quotidien du design bienséant. En 2010 déjà, son installation « How Does a Man Who Has Lived in A 6’x9’ Box for Over 38 Years Describe Comfort? », peut-être considérée, à posteriori, comme étant à l’origine de sa démarche ; elle est le résultat d’une série d’échanges épistolaires sur la notion de confort avec Hermann Wallace, prisonnier dans l’un des quartiers de confinement les plus drastiques des États-Unis. En résulte une série de documents et de notes radicales dans le champ confortable du design produit. (source : revue Obliquité, n°1, 2016)