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22,00 €

Peter Kim

Sea of Humanity

Texte de Frédéric Legros
Entretien de l’artiste avec Élisabeth Couturier
 
19,5 × 25 cm 
88 pages 
Livre relié, cousu 
Langue : français / anglais
Parution : mars 2019 
ISBN : 978-2-37372-081-5 

 

« Né en 1967 en Corée du Sud, Peter Kim est diplômé à la fin des années 1990 de l’école supérieure d’Art et de Design de Marseille, et poursuit depuis sa carrière aux États-Unis. 

Dans son pays natal, la Corée, le confucianisme et la guerre ont entraîné une croissance économique et une restructuration sociale assez tardives, à la fin du XXe siècle seulement. La Corée a ainsi développé un esprit de communauté plus important que l’individualisme, les mœurs et les pratiques sociales coréennes se révélant très différentes de celles de l’Occident. La formation artistique que Peter Kim a reçue en France a changé sa vision des objets et de la société. Alors que l’éducation coréenne de son enfance restait académique, il a pu, à Marseille, développer son imagination librement et essayer de nouveaux moyens d’expression. Sa collecte d’objets commence notamment à ce moment-là, des objets ayant pour point commun d’être des contenants, des réceptacles, pour accueillir le liquide. 

Peter Kim, mû par un désir d’ouverture et de découverte d’autres pratiques, quitte sa ville natale de Gwangju en Corée du Sud pour se rendre d’abord à Marseille avant de vivre à Londres, Berlin et désormais New York. Marseille est le théâtre d’une première révélation : une vision infernale des peuples en fuite pour un monde peut-être moins contraint mais tout aussi violent. L’autre épiphanie, plus sereine, est la prépondérance de la mer, des gens qui la traversent, y voyagent. Dès lors, se détachant de son enseignement académique en Corée, la peinture de Peter Kim devient plus abstraite, mais surtout sérielle. 

Peter Kim peint non seulement des personnes mais surtout le passage du temps, le passage entre deux espaces, le passage en tant qu’allégorie. Ses peintures sont traversées par plusieurs temporalités. Les moments s’y enchevêtrent, rendant impossible la certitude d’une unité de temps. Des eaux calmes et menaçantes, sur lesquelles des hommes naviguent, immobiles, emplissent tout l’espace de la galerie. […] Les êtres sont extraits de leur environnement, de leur contexte et de leurs repères, propulsés au cœur d’un espace pictural énigmatique, sombre et oppressant. Dans cette posture stagnante, ils se révèlent au cœur d’une eau dormante et noire. Dans l’œuvre de Peter Kim, l’eau, ressource essentielle pour la survie de l’humanité, est un symbole d’égalité. Elle représente la mémoire. Les couleurs, aqueuses par nature, que l’artiste utilise réussissent à créer une atmosphère nocturne et évanescente où tout peut avoir lieu. Rappelant que les êtres humains sont en grande partie constitués d’eau, cette vision favorise une approche tout à la fois scientifique et spirituelle qui pourrait être à l’origine d’un monde meilleur, fruit d’une harmonie entre la nature et l’existence humaine. » 
Frédéric Legros 

 

Ancien commissaire d’exposition à la Monnaie de Paris, Frédéric Legros est codirecteur de la Biennale de Melle. 

Élisabeth Couturier est journaliste, critique d’art et commissaire d’exposition. Elle dirige la collection « Le Guide » (Flammarion) et a produit plusieurs émissions pour France Culture, dont l’hebdomadaire « Les mardis de l’expo ». Elle est l’auteur de la collection « Les petits secrets des grands tableaux » diffusée sur ARTE.